« La trouille » n°1
- lemenstrueldeperpi
- 30 mai 2024
- 3 min de lecture

— Bon sang, maman ! Enjambe correctement mon tour de taille !
J’ai ton talon enfoncé sur ma hanche !
Tu me fais mal, merde !
Je me souviens que je devais amener ma mère tous les mois au cardiologue, à la tour de la place Arago* de Perpignan.
Ce jour-là, il pleuvait. J’avais pris le soin de chausser mes mini-bottes rouges en caoutchouc volées à Degriffstock* de la marque Tommy Hilfiger*.
D’ailleurs, je ne cessais d’en crâner.
Non pas du vol, mais du rouge écarlate.
Comme j’aimais ma mère !
-Ce jour-là, il ne restait qu’une place de handicapé au parking Arago*.
Je n’avais pas la carte de handicapé.
Je pris tout de même la place.
-Ce jour-là, il y avait Anthony âgé de 25 ans de Pollestres* parlant aux anges et aux licornes. Clochard et toxicomane depuis cinq ans maintenant.
Il avait tout perdu par son instabilité à cause de son mauvais fond.
Lui-même ignorait, mais Anthony était un pervers-narcissique et un assassin qui somnolait au fond de ses testicules grâce à la drogue.
-Ce jour-là, il puait.
-Ce jour-là, il ne m’avait pas reconnue.
.................
C'est que de l'humour.... Relax.... Pfft!!!!!

En sortant de ma voiture, j'avais pris le soin de mettre ma maman d’amour dans un sac-poubelle de cinquante litres noir.
Ainsi, l’effet de ses bigoudis de la veille ne s’affaisserait pas par la mouille pluviale.
Pour m’assurer que le plastique sur son visage, n’allait pas l’asphyxier : telle une maman aimante qui cajolait son nourrisson dans ses bras, j’introduisais toutes les quinze secondes mon index jusqu’à ce que je touche ses narines.
Quel soulagement, elle respirait ! Nonobstant en râlant, car le bout de mon doigt était trop gros pour ses petits trous nasaux.
Je poursuivais mon parcours de combattante jusqu’à arriver au douzième étages de la tour.
Au sud de la France, chez les Gispy King*, il ne pleuvait pas souvent, mais quand il pleuvait, je me la pétais grave avec mes bottes de pluie rouge écarlate et mon imperméable transparent, issu d’un film pornographique de Rocco Siffredi*, du magasin Zara* de Figueras*.
— Bonjour, madame. Je suis la fille de madame Sapristi Anacleta. Ma mère a rendez-vous avec le docteur Tocamelsous dans deux minutes.
— Veuillez me donner sa carte vitale, sa mutuelle et préparer une carte de crédit au cas où. Les chèques ne sont plus acceptés, mais nous tolérons les espèces.
J’opte pour fermer ma trappe d’égout*.
Je rejoins ma maman dans la salle d’attente. Je n’ai pas eu le temps de choisir une revue aussi vieille, fripée et nulle que la secrétaire, que le docteur Tocamelsous nous appelle.
Je prends dans mes bras la femme qui m’a mise au monde.
J’ai du mal à croire que mon père lui ait fait un jour l’amour.
Connaissant mon père, il a dû l’aimer.
Ou bien, il en avait ras-le-bol d’activer manuellement le bifteck à cinq branches*.
Comment pouvait-il désirer une chose pareille ?!
Je soupçonnais mon père d’avoir goûté la poudreuse.
.................
Ma mère est… était une naine obèse.
Aussi laide est répugnante qu’un mollard de nicotine présentant des signes de tuberculose.
À cette époque, il n’y avait pas plus disgracieux à mes yeux que le syndrome du nanisme thyroïdien* : et malheureusement, ma mère l’était.
Quand je pense que ma mère s’est fait tirer, au moins une fois…
Et par mon père…
J’en perds mon latin !
Mon père, sacré tombeur de ses dames, beau gosse, pâtissait du syndrome de Basedow*.
Vous voyez ce que j'essaie de vous décrire ?

-Genre, il avale un LSD* à fond la caisse sur une mobylette sans casque face à la tramontane et reste perché à vie avec des moustiques coincés aux chicots.
Vous ne voyez toujours pas ?
Imaginez la tête de mon père, plutôt son regard, voyant Greta Gutenberg* en train de bouffer une entrecôte saignante en se faisant becter l’anus par un canard afin d’engrosser son foie…
.................
Mon père faisait fuir quiconque avec son regard d’halluciné.
Ma mère repoussait le commun des mortels avec ses formes difformes.
Tout est possible dans ce monde !
.................
Moi ?
Moi, je mesure un mètre soixante-dix.
J’ai le regard de mon père.
Du coup ?
Je les effraie tous.
Je n’attends plus l’amour, mais un plan cul.
Effrayante, certes !
Mais je reste convaincue que l’amour passe d’abord par le physique et non par l’intellectualité.
D’ailleurs, qui échange les opinions de la philosophie socratique pendant les débats sexuels, quand bien même soient-ils amoureux ?
Personne !
La baise c’est la baise, et donc, authentique.
L’amour c’est dans la tête, et donc, imaginaire.
Dédié à : Fred. Ttrd
L’absurdité et l’insolite priment les tabous en abattant la liberté.
Telle est ma devise.
Merci pour tout, Fred !